Toulouse: une manifestation sous les gaz


Samedi 11 Janvier ont eu lieu à Toulouse deux manifestations, l'une à l’appel de l'intersyndicale le matin à 10h à St Cyprien et l'autre comme à l'accoutumée des gilets jaunes à 14h au métro Jean-Jaurès.


Un matin syndical.


Un millier de personne ont encore manifesté le matin contre la réforme des retraites. Un cortège plutôt calme avec cependant une petite altercation avec des manifestants portant des plaques avec des photos des blessés, cela n'a pas été apprécié par les forces de l'ordre qui leur ont confisqué puis ils ont arraché les photos et pour finir ils ont cassé en deux les plaques, pour qu'elles ne soient plus réutilisables.

La manifestation s'est arrêtée pour laisser place à celle de 14h mais certains syndiqués ont continué.


Un début de manifestation festif.


Le rendez-vous est donné au métro Jean-Jaurès, où plusieurs milliers de personnes étaient aussi présentes. Le cortège s'est élancé vers Jeanne d’Arc en empruntant les boulevards. Puis sous les chants de "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas nous on est là" ils ont remonté la rue Alsace Lorraine où un clapping est fait, le cortège arrive rue St Rome en chantonnant "Toulouse, Toulouse soulève toi "et est allé sur la place du Capitole, qui n’était pas fermée et pour laquelle aucune interdiction préfectorale n’avait été prise.

Les manifestants ont stagné un peu puis sont repartis direction rue Bayard.




Premiers incidents et gaz lacrymogènes.


Arrivés au milieu de la rue Bayard des manifestants ont brûlé une petite poubelle, en réponse aux forces de l'ordre qui faisaient barrage, pour éviter au cortège d'arriver à la gare. Les policiers ont alors lancé des gaz lacrymogènes pour disperser et faire reculer la manifestation et une première confrontation a eu lieu avec des coups de matraques. Dans la cohue un papa non-manifestant a perdu sa petite fille de 5 ans qui a été retrouvée quelques instants plus tard.



Sur le trajet en remontant vers Jeanne D'Arc plusieurs vitrines de commerces notamment banques et agences immobilières ont été taguées. Arrivés sur Jeanne D'Arc, les forces de l'ordre ont continué de lancer des gaz lacrymogènes.




Un centre-ville sous un brouillard de gaz lacrymogènes et des confrontations.


La manifestation a continué dans le centre-ville, où plusieurs confrontations ont eu lieu, la première en haut de la rue Alsace Lorraine, où un barrage de police était installé pour empêcher les manifestants d'aller plus loin et donc de les contenir dans le centre-ville où se trouvaient des enfants, des familles et des touristes.

Le cortège a été gazé pendant 5 min, l'air est devenu irrespirable, les manifestants et non manifestants se poussaient pour échapper à l’épais nuage. Un peu plus tard les manifestants toujours contenus dans le centre-ville sont alors allés place St George où se trouvent beaucoup de terrasses et de restaurants.

Certains manifestants se sont dit qu’ici les forces de police ne gazeraient pas étant donné le monde. A savoir que aucune violence n'a eu lieu juste des chants, les manifestants n'ont pas eu le temps de s'y arrêter que les lacrymos ont commencé à pleuvoir, certaines personnes qui étaient sur les terrasses ont insulté les forces de l'ordre, d'autre ont pris à parti les manifestants prétextant que le samedi ils ne pouvaient plus rien faire et qu'ils les empêchaient de " vivre".

Le cortège a décidé de ne plus reculer, alors ils ont fait front à la police au niveau du Monoprix. Une confrontation extrêmement violente qui a duré plus de 40 minutes, avec des jets de gaz lacrymogènes de la part des forces de l'ordre et des projectiles parfois en verre de la part des manifestants.





Un calme à la nuit tombée.


La manifestation a eu lieu jusqu'à 20h à peu près où il y a eu moins de confrontation mais les manifestants sont de plus en plus déterminés, il n’y a pas que la réforme des retraites, ils veulent tout bonnement que le gouvernement entier démissionne.

Vers 18H30 les manifestants étaient entre le Capitole et Primark avec pour slogans envers les forces de l'ordre, en référence à Cedric Chouviat décédé, "assassins assassins".

Vers 19h, Jean-Jaurès était de nouveau sous les gazs, puis le peu de manifestant restant sont partis.



Plusieurs arrestations, blessés et quelques dégâts matériels.


On déplore plusieurs arrestations, nous ne savons pas le nombre exact mais au moins 4 sûr, plusieurs blessés aussi notamment à cause des gaz et pas seulement les manifestants, il y avait aussi deux femmes enceintes avec des problèmes pour respirer, des enfants, côté manifestants plusieurs personnes touchées par des pavés de lacrymos. Côté urbain, plusieurs petites poubelles incendiées au passage du cortège, des vitrines taguées, et des petites barricades de fortunes


Nadege Picard

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