Toulouse: un jeudi, deux manifestations et plusieurs arrestations



Ce jour, a eu lieu à Toulouse deux manifestations, l'une de l'intersyndical à 10h au départ de St Cyprien et la deuxième par les gilets jaunes à 14h au métro capitole.


Manifestation intersyndicale, 88000 personnes pour les syndicats, 7500 pour la préfecture.


A 10h, le cortège s’élance vers le pont des catalans, une petite danse, des pétards et des fumigènes égayent la manifestation.

Jusqu'à Jeanne d'Arc tout c'est déroulé sans incident, mais un kiosque à journaux va vite faire monter la pression.


On vous explique.


Le journal "Le Point" a fait un article "Comment la CGT ruine la France" pour vendre. Les kiosques de France ont mit une affiche en grand alors que la manifestation passait par là.




Voit-on la une provocation?


Visiblement pour les manifestants la réponse est OUI. Pour eux, c'est une honte de mettre cela en grand alors qu'ils savent que le cortège passe toujours sur les boulevards. C'est une institution même et d'accuser la CGT de pousser à la ruine alors que pour eux c'est le gouvernement qui détruit tout.

Alors à leur manière des manifestant ont caché le mot CGT, d'autres on colle des stickers et un dernier a marqué LAREM.


Un manifestant nous explique qu'il a 68 ans et que s'il est dans la rue aujourd'hui c'est parce qu'il ne touche que 800 euros et qu'une fois tout payé il n'a pas le droit de manger.

Des mots terribles et inacceptables en 2020 .


Tout le long du tracé de la manifestation les forces de l'ordre, contrairement à l'accoutumée, étaient très peu visible, est-ce la un petit clin d’œil au Président de la République Emmanuel Macron et au ministre de l'intérieur Mr Castaner qui ont demandé aux policiers de la déontologie pendant l'exercice de leur fonction ?

Est-ce la leur façon de dire, attention le gouvernement n'oubliez pas nous sommes votre dernier rempart ?

On ne le sait pas, nous avons tenté d'en savoir plus mais aucun des policiers n'a souhaité parler.


Une fois arrivée à François Verdier le cortège s'aperçoit d'un comité d'accueil rue de Metz, un barrage de gendarmerie avec plusieurs camions et le canon à eau, certains s'offusquent en riant et en disant : "voilà la réponse de l'état" ou encore "quand vont-ils comprendre que l'autre bouffon se sert d'eux" .

Le cortège a stagné plusieurs minutes puis s'est dispersé dans le calme.




Un autre correspondant photographe était lui sur l'action coup de poing, une petite partie d'environs 300 personnes se sont invitées au palais des sport ou avait lieu les voeux du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, celui-ci n'a visiblement pas apprécié l'humour.

L'opération a duré quelques minutes puis les manifestants sont repartis.


Crédit photo: David Colet

Credit photo: David Colet

Arrestation de deux mineurs pour dissimulation de visage.


Pendant l'entracte des deux manifestations, pause déjeuner pour les uns pause café pour les autres, le groupe de l'opération coup de poing aux voeux du maire revenait. Dans ce petit cortège deux personnes se sont faite arrêtées pour dissimulation de visage. Notons que les deux jeunes mineurs n'avaient strictement rien fait elles avaient juste dissimulé leur "visage" et étaient habillées tout en noir.


Manifestation gilets jaunes entre 1000 et 1500 personnes.


14h arrivée au métro Capitole, au départ ils ne sont qu'une centaine de manifestants mais très vite rejoints par d'autre personnes.

Le cortège s'élance sur la rue Alsace Lorraine direction Hotel-Dieu chercher les blouses blanches.



Mais il faut passer le pont et à Toulouse, pour les manifestants, passer un pont est devenu dangereux car dans 90% des cas, derrière eux, les forces de l'ordre font barrage.

Cette fois-ci la police n'était pas au rendez-vous. Une fois les blouses blanches récupérées, retour en centre ville entre les voitures et les bus, une situation farfelue.


Le cortège emprunte la rue St Rôme, puis petit arrêt de 5 minutes sur le Capitole, redescendent la rue du Taur et envahissent les boulevards sans aucune présence des forces de l'ordre. Les manifestants vont où ils veulent et font ce qu'ils veulent.


La manifestation part alors sur la rue Bayard. Le mot d'ordre est donné ils veulent la gare. Dans un pas dynamique avec des "dépêchez vous" le cortège arrive à destination, toujours sans aucun policier à l' horizon, ce qui parait étrange pour beaucoup de manifestants qui ont peur de le payer plus tard en fin de journée .


Dans la gare, les manifestants prennent possession des quais pendant plusieurs minutes et vont y rester en l'honneur et en soutien des cheminots.



Puis, plusieurs fourgons de gendarmerie arrivent et se mettent devant toutes les entrées de la gare devant des passants médusés. Pendant ce temps les voyageurs sont bloqués à l'extérieur.


Les voyageurs bloqués à l’extérieur de la gare

Après un face à face sans incident de 30 minutes, les manifestants décident de repartir. Ils empruntent la rue Bayard mais très vite stoppés dans leur élan. En effet les forces de l'ordre commencent à arriver en nombre.



Ils empruntent alors le boulevard Bonrepos puis s'engouffrent dans les petites rues en laissant derrière eux des poubelles à terre et sur la route obligeant les voitures à zigzaguer.

Cependant la plupart ont pris cette action de barricades de fortune avec humeur les voyant discuter et rigoler avec des manifestants.





Arrivée vers Jean-Jaurès à 18h15 la manifestation s'est dispersée d'elle même sans attendre les forces de l'ordre qui sont arrivées nombreuses peu après.


On déplore 5 arrestations etdes dégâts matériels ( poubelles à terres dont une en feu).


Nadege Picard

Infoline, média indépendant



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