Toulouse: rassemblement et manifestation contre les violences policières

N-P / Infoline

Hier mercredi 10 juin 2020 à Toulouse, au métro Capitole, a eu lieu un rassemblement organisé par le collectif "Comité vérité & justice 31" contre les violences policières, le racisme d'état et la vérité pour Adama, George, Jaouad, Lamine, Wissam, Babacar, Angelo, Zineb et toutes les autres personnes victimes de bavures policières non condamnées.


Un rassemblement contre les violences policières


Ils étaient selon le comité 5000 personnes à avoir répondu à l'appel et 2000 selon la préfecture. Un rassemblement qui a commencé tout d'abord par plusieurs prises de parole de manifestants puis à la fin par des associations. Pancartes en l'air et poings levés, les manifestants écoutent attentivement ceux qui prennent la parole. Certains récits sont émouvants comme ce papa avec ses enfants.

On retient une demande d'unité, peu importe la couleur de peau, l'origine, la religion il faut s'unir. En effet pour les manifestants la parole et l'unité sont les armes les plus puissantes au monde. Pour un manifestant qui a subi plusieurs violences policières, il mentionne qu'il ne faut pas mettre tous les policiers dans le même panier et même si beaucoup cautionnent les agissement de leurs collègues, chacun doit rappeler à la police qu'elle est là pour protéger la population et non pas pour la tuer.

Chacun leur tour ils parlent à cœur ouvert devant des milliers de personnes, la désobéissance civile est évoquée tout comme le fait qu'il faut impérativement occuper l'espace public avec ce genre de prises de paroles. Des chants, des slogans, des rires, des applaudissements et des huées sont entendus, d'ailleurs certains-es de ceux qui prennent la parole ont même parfois malgré la conjecture actuelle un peu d'humour.

Mais parfois une réalité aussi est dite comme le fait que ne pas être raciste doit être appris dès le plus jeune âge et par les parents, ainsi l'éducation contre le racisme est aussi une arme. Des flyers sont aussi distribués, la communication aussi est importante. Après un peu plus de deux heures de paroles, les organisateurs annoncent que la manifestation peut commencer, direction Palais de justice.


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Une manifestation dans le calme


Jusqu'au Palais de justice la manifestation s'est effectuée dans le calme, avec des slogans mais sans incident. Sur le trajet quelques arrêts de quelques minutes sont faits comme pour montrer que l'occupation de la rue est indispensable. Puis dans un élan de bruit comme pour dire " on est là" le cortège arrive au Palais de justice.

Mais pourquoi ce lieu ?

C'est un symbole fort, c'est ici que la justice fait son travail, ici que ceux qui y travaillent doivent rester impartiaux, ce qui ne l'est pas souvent pour des manifestants. C'est un lieu où les lois doivent être correctement appliquées sans distinction de couleur, d'origine ou de religion et de métier souligne une manifestante ce qui, là aussi, ne serait pas le cas. La justice tout un symbole, et le rassemblement n'hésite pas à le faire savoir avec un slogan "pas de justice, pas de paix" ou "justice pour Adama".


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Et comme pour protester dans le respect la manifestation s'agenouille devant un cordon de policier et gendarme, une trentaine, qui reste impassible. Deux manifestantes essayent d'instaurer un dialogue avec les forces de l'ordre où seulement des barrières de sécurité les séparent mais en vain...

Deux fumigènes blancs sont craqués, la façade du Palais de justice est taguée, à l'heure actuelle des recherche sont effectuées pour trouver les personnes responsables. Puis les organisateurs mettent fin à la manifestation, mais pour beaucoup ils continueront car comme le mentionne Bintou, manifester est un droit fondamental.


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Direction Saint-Michel avec les gaz Lacrymogènes


Le cortège s'élance en direction de saint-Michel les forces de l'ordre étant derrière la rue est libre. Ils chantent, tague les abris de bus et une voiture de la mairie.

Pourquoi une voiture de la mairie ?

Peut-être par apport au positionnement du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc par rapport à l'autorisation d'interdire les manifestations mais aussi pour des tweets mal perçus. Aucune autre voiture n'a été taguée. Après l'ancienne prison située à Saint Michel au niveau d'une intersection un cordon de force de l'ordre se met en place pour barrer la route aux manifestants.

Ce qu'il faut savoir c'est qu’aux yeux de la loi être sur la route et empêcher la circulation constitue un trouble à l'ordre public et donc permet l'usage de la force. La police à l'arrière du cortège a donc commencé à lancer des grenades lacrymogènes à l'aide de cougar pour essayer de disperser la manifestation en vain.

Comme une réponse à la répression policière, plusieurs poubelles sont mises sur la route et certaines sont incendiées. Les forces de l'ordre continuent de lancer du gaz lacrymo, certains habitants dans les immeubles comment à dire aux policiers " qu'ils commencent à casser les couilles avec leur machin qui piquent" un autre aurait eu un tir de flashball sur son balcon. Les manifestants reculent en essayant de trouver de l'air pour respirer, dans le nuage de lacrymo une jeune fille n'arrive plus à respirer les medics la prennent immédiatement en charge ainsi que d'autres manifestants pour qui c'est la première fois qu'ils manifestaient et n’ont pas compris pourquoi les forces de l'ordre réprimandent la manifestation.


Un camion de police commet une tentative d'intimidation


Un peu plus loin, la manifestation retourne sur ses pas, à l'arrière quelques manifestant plutôt pacifistes suivent de loin le cortège. Un jeune homme s'approche du camion calmement pour entamer une discussion avec les forces de l'ordre, aucune agressivité ni menace émanent du manifestant, au contraire il souhaite juste discuter et échanger. Visiblement le passager policier n'a pas apprécié ou peut-être pas compris (nous ne le saurons pas puisqu'ils n'ont pas souhaité nous répondre) les intentions du jeune homme, il a sorti le spray à gaz et menacé son interlocuteur, non loin de là une jeune manifestante pancarte à la main témoin de cette scène s'approche en demandant pourquoi sortir le gaz ? Aucune réponse de leur part, elle s'éloigne à reculons mais avec sa pancarte levée comme pour dire je n'ai pas peur je suis pacifiste.

Mais en une fraction de seconde le camion de police tente de la percuter, certainement ici une tentative d'intimidation, un manifestant à côté d'elle essaye de la tirer par le bras, le camion dévie alors sa trajectoire avec un coup de volant mais en la frôlant.

Devant cette scène surréaliste je dis je cite " non mais ça ne va pas, je suis témoin et journaliste pourquoi avez-vous fait ça ", aucune réponse. Ayant peur qu'ils ne recommencent surtout pour la jeune fille j'actionne ma caméra pour filmer, je répète alors je suis journaliste, le passager policier descend du camion et me lance une grenade lacrymogène à main qui explose juste à côté de moi, laissant échapper plusieurs palets. Je crie pour qu'ils entendent que je suis journaliste mais dans la panique et la peur j'oublie des mots je leur dis vous m'avez tiré. Je ne m'attendez pas vraiment à cela j'ai paniqué face à l'explosion.

Voici la vidéo quand la peur prend le dessus




En vain ils partent. Une autre journaliste pour un média ayant vu la scène vient me voir me demandant si je vais bien ainsi que la LDH de Toulouse. Un peu plus loin une trentaine de policiers je leur demande où est leur chef pour lui signaler l'incident avec le camion de police envers la jeune fille et vis à vis de la grenade, aucune réponse, je leur montre alors en gardant mes distances de sécurité entre eux et moi la vidéo et demande où est leur chef pour avoir le RIO des quatre policiers, certains esquissent un sourire d'autres ne réagissent pas. Je décide donc de partir, la manifestation a été dispersée.



Il est fait état plusieurs interpellations et arrestations, quelques dégâts de mobiliers urbains ainsi que des tags.


Nadege P

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