Toulouse: Portrait d'un sans-logis, sans papier.

Mis à jour : janv. 6



Reportage au cœur d'une maraude


Dimanche dernier, non loin du Palais de Justice, se déroulait, comme toutes les semaines, un café solidaire organisé par le Secours Populaire Français. Le but de ce stand est d'offrir un café, un chocolat ou quelques viennoiseries avec les personnes sans logis.

Je m'y suis rendu, ma clope au bec et mon appareil photo. J'y ai rencontré un monsieur, Muhamed Adzovic, venu d'ex-Yougoslavie.

Il est en France depuis 14 ans, n'a pas de papiers. Il a demandé le statut de réfugié, l'asile, la nationalité française et même le statut d'apatride, en vain. Ses trois enfants sont sous la responsabilité des services de protection de l'enfance, et il ne les a pas vu depuis 7 ans.

Il est amputé du bras droit.

Passé par l'Italie, il a travaillé au black en tant que mécano, il est arrivé en France en pensant trouver la liberté, l'égalité, ou au moins la fraternité.

Il a déjà eu des problèmes administratifs.

"Ils veulent me dégager".

Il a un passé compliqué: "J'ai passé ma vie dans la misère. En 2004, j'ai commis un vol, sans faire de mal à personne. J'ai purgé ma peine de un an. J'ai fait ça par désespoir, je voulais faire un peu d'argent pour faire des cadeaux à mes fils. Je n'ai pas de maison. Je veux juste trouver un travail, avoir un peu d'argent pour donner une vie aux enfants, une maison. Je suis plus triste qu'en colère. Après le vol, je me suis repris. Je souhaite le bien pour tous. À la rue, j'ai vu des jeunes qui avaient l'âge de mes enfants..."

Muhamad me dit aussi qu'il a vu des "100% français à la rue depuis des années". "J'ai pas les papiers moi, je comprends que je ne sois pas la priorité mais pourquoi les 100% n'ont pas de maison ? D'abord eux, après moi, ça fonctionne comme ça en France non ?"

Je continue à discuter avec lui plutôt qu'à l'interviewer, découvrant une personne aux sentiments très humanistes, un "Homme-Humain".

Je lui passe donc une cigarette, un petit café et une crêpe, et m'en vais discuter avec d'autres sans logis, qui même s'ils n'ont pas souhaité faire partis de ces lignes, existent et bien.


Charlie Garcia

Infoline, média indépendant.

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