Toulouse: le calme avant la tempête, une manifestation, des blessés et des arrestations.



Samedi 18 janvier a eu lieu comme à l'accoutumée la manifestation des gilets jaunes convergence avec la grève générale à 14h au métro Jean-Jaurès.


Ils étaient plus d'un millier dans le centre-ville de Toulouse, à chanter "Toulouse, Toulouse soulèves toi" ou encore "On est là, on est là même si Macron ne veut pas, nous on est là". Pendant quelques heures la manifestation s’est déroulée sans incident même s’il y a eu quelques face à face avec les forces de l'ordre, le cortège a fini par reculer.


A 14h le cortège s’élance sur le boulevard de Strasbourg, puis emprunte la rue Alsace Lorraine, direction la place du Capitole ouverte. La manifestation passe la rue des Arts pour accéder à la sous-préfecture, mais un barrage de police fait face.




Quelques manifestants s'avancent, un craquage de fumigène, mais deux sommations sont faites, la manifestation recule. Dans le cortège on peut entendre des " les putes à macron" mais aussi " Libérez Taha journaliste".


La manifestation est arrivée sur la place St George où précédemment des enfants avaient été gazés, cette fois ci les manifestants ne s'y attardent pas. Ils reviennent sur le boulevard de Strasbourg et empruntent la rue Bayard. Le cortège s’élance en direction de la gare, des manifestants crient à d'autres de se dépêcher avant que les forces de l'ordre n’arrivent. Mais en y arrivant les portes de la gare Matabiau étaient déjà fermées et cela a causé plusieurs perturbations voyageurs.


En effet la gendarmerie était déjà sur place dans la gare avant l'arrivée du cortège et la police postée sur le pont de la gare. Un millier de personnes se dirige donc vers les allées Jean-Jaurès, en passant deux vitrines sont impactées à plusieurs endroits.


Credit photo @Thomas Caz photographe pour Infoline


Arrivé dans le centre-ville le cortège remonte les allées Jean-Jaurès puis prend la rue de Metz où un bloc prend la tête, mais la manifestation de derrière repart dans l'autre sens vers la place du Capitole.


Là-bas selon notre confrère Frédéric de Rt France une charge a eu lieu sur la place et un manifestant y a été arrêté. Puis pour faire reculer la manifestation les premières grenades lacrymogènes ont été lancées.



Capture écran de Frederic Rt France

Puis les grenades lacrymogènes continuent d’être lancées en nombre, les manifestants sont séparés en plusieurs groupes avec des feux de poubelles.


Le cortège se retrouve sur le boulevard Strasbourg où les grenades lacrymogènes ont continué à être lancées. Les voyageurs du métro Jean-Jaurès qui ne savaient pas ce qu'il se passait en haut se sont pris des lacrymos, les médics ont dû alors les prendre en charge.


Le centre-ville était totalement recouvert d'un nuage de gaz lacrymogène, en effet il y avait plusieurs groupes de manifestants qu'il a fallu disperser. Le cortège essaye de se reformer mais le centre-ville est quadrillé par les forces de l'ordre, puis un petit groupe réussi à revenir sur le Monoprix rue Alsace Lorraine.


Les forces de l'ordre relancent alors des grenades lacrymogenes vers le cortège pour disperser la foule, dans cette cohue un de nos journalistes est touché par un palet de lacrymo dans le genou et son appareil photo a pris un coup, les streets- medics Occitanie sont alors venu voir pour le soigner. Sans gravité il a pu continué de couvrir la manifestation.


Un médic a été arrêté et plaqué au sol, nous tentons de filmer mais les forces de l'ordre nous en empêchent violemment comme vous pouvez le voir sur la vidéo. Les forces de l'ordre en nombre ne portaient pour 80% d'entre eux pas leur RIO qui est pourtant obligatoire. Les manifestants se dispersent, mais un autre rassemblement s’organise par le bouche à oreille, direction Jeanne- d'Arc où en effet une cinquantaine de manifestants étaient présents.



Après une altercation avec les forces de l'ordre due au contrôle d'identité d’un manifestant, le petit cortège remonte sur le métro Jean-Jaurès, où arrivent rapidement les forces de l'ordre. Puis la manifestation navigue dans les rues en essayant de ne pas tomber sur les forces de l'ordre, commence alors une "chasse" entre policiers et manifestants. La nuit étant tombée, beaucoup de manifestants sont partis, mais certain d'entre eux se rejoignent place du Capitole. Là plusieurs contrôles d’identité et de sac à dos avec fouille au corps ont eu lieu.

Trois personnes ont été interpellées et emmenées au commissariat central de la police, elles seront relâchées quelques heures plus tard.



Plusieurs blessés grave contrairement à ce qu'annonce le préfet !


Selon une de nos sources un manifestant se serait écroulé, nous ne savons pas à l'heure actuelle si c'est sous les effets du gaz ou bien pour une autre cause, il est reparti avec les pompiers en réanimation. Selon une source proche de la victime, il va bien, aux dernières nouvelles encore a l’hôpital ce matin.

Nous avons pu avoir la victime, et voici son témoignage de ce qu'il sait passé:

Un des forces de l'ordre lui a fait un croche patte, il est tombé à terre, sa tête a tapé le sol.

Il a reçu deux coup de matraque de chaque cote, puis une charge policière arrive il est alors plaqué au sol avec le pied d'un policier. Il sera transporté a l’hôpital de Rangeuil, il a des hématomes et des bleus mais il est surtout dans l'incompréhension.

Il va porter plainte Mardi, à savoir que cette personne est sous curatelle renforcé.


Une autre femme aussi à l’hôpital de Rangeuil a reçu un gros coup de matraque dans le dos et sur l'avant bras.


Que s'est il passé dans le métro Jean-Jaurès.


Des policiers traînent au sol une personne inconsciente.


Le métro Jean-Jaurès était une fois de plus sous le nuage de lacrymos, plusieurs voyageurs ont du être pris en charge par des street-medics Occitanie. Dans le métro des policiers et la bac recherchaient activement une personne, nous ne savons pas pour quel motif, quoi qu'il en soit, ils ont réussi.




Témoignage street-medic Occitanie :


A l'arrivée d'une street medic la personne était au sol inconsciente, les yeux retournés , elle dit aux policier que pour eux comme pour l'interpellé il n'est pas préférable de rester ici car c'est irrespirable et dangereux.

Ceci est donc une " non insistance a personne en danger".. Les forces de l'ordre traînent la personne au sol alors qu'elle est inconsciente, la street medic "marion*" s'avance alors pour lui venir en aide. Non pas pour la "libérer" mais pour soigner la personne inconsciente, sauf qu'un des policier lui dit " arrête de me coller ya des grenades dans les poches de mes collègues".

Ceci est donc un " non insistance a personne en danger".


On dénombre plusieurs blessés dont deux grave contrairement à ce que peut dire le préfet, 4 arrestations et 3 interpellations, côté dégâts matériels on dénombre plusieurs vitrines taguées, et une "cassée", deux distributeurs cassés ainsi que plusieurs feux de poubelles et la mairie du Capitole taguée.



Sources blessés ---> https://www.facebook.com/StreetMediicOccitanie/

Sources Video ----> la personne souhaite aussi rester anonyme ( elle bénéficie donc de la protection des sources de la loi 1905, elle a été travaillé par Djemadine integrant les phrases pour expliquer.

Crédit Photo travaillant pour Infoline: Thomas Caz, Charlie Garcia

Video arrestation et entrave à la liberté de la presse : Martin Lom Bach journaliste bénévole pour Radio occitania

Nadege Picard journaliste, photoreporter

Infoline, média indépendant

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* le prénom a été changé






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