Toulouse: Jeudi noir pour la ville rose

Jeudi 5 décembre se tenait la manifestation de l'appel à la grève générale des syndicats, avec la convergence des gilets jaunes pour un départ à 14h à St Cyprien. Au début du cortège une dizaine de reporters se sont rassemblés à l'appel du collectif REC (reporters en colère) pour protester contre la répression et la violence policière qu'ils subissent depuis bien longtemps.

A noter que Jeudi, 25 journalistes, reporters et photographes ont été blessés notamment Gaspard Glanz, Taha Bouafs ainsi qu'une journaliste de Ouest France, de France bleu et trois journalistes de BFMTV. Vous pouvez retrouver le décompte sur le twitter du collectif REC .


@Tony Calais

Le cortège d'environ 60000 personnes ( 100000 selon les syndicats et 33000 selon la préfecture de police) s'est lancé avec en tête des gilets jaunes et une centaine de pompiers suivi de tous les corps de métier.



Selon plusieurs sources le cortège de Toulouse mesurait plus de 4km .

Arrivé vers Jean-Jaurès le début du cortège a été obligé de s’arrêter car la fin du cortège était encore sur le pont des Catalans. Apres une pause de 25 minutes la manifestation a repris pour se diriger vers François Verdier (monument aux morts).

Arrivés sur l'espace Saint Georges des manifestants voyant une unité de CSI ont commencé à entonner des slogans anti-police. De ce fait les policiers ont jeté une grenade de lacrymogène pour disperser les manifestants, en réponse certains manifestants ont alors jeté des projectiles sur les policiers.

Une confrontation a eu lieu pendant 15 minutes avec le déploiement d'une banderole pour se protéger des LBD et des grenades de la police.




Le cortège a suivi sa trajectoire sans autre incident, arrivé à François Verdier, le canon à eau ainsi que plusieurs véhicules de gendarmerie et de police étaient stationnés devant la rue de Metz barrant le passage aux manifestants, à savoir que la manifestation était déclarée jusqu’à François Verdier.

Des incidents ont alors éclaté entre forces de l'ordre et manifestants. Un bloc s'est alors constitué, des personnes de tous milieux confondus et de tous âges ,vêtus de noir, pour faire front et ouvrir le passage aux manifestants et pour pouvoir continuer de manifester.

Des casseurs ? Certains nous ont répondu :

"Non, si les banques sont souvent nos cibles, c'est surtout pour dénoncer le capitalisme et le " gavage d'argent sur le dos des plus pauvres" ce n'est pas casser pour casser, il y a une réelle cause derrière tout cela, bien souvent incomprise.

Selon une "black bloc" : Tantôt applaudis, tantôt détestés c'est souvent quand cela arrange les gens, mais le plus souvent ils se trompent de combats, personnellement je ne casse pas mais je suis ici pour être sur l'ouverture de passage, bon en gros être en première de cordée sur la confrontation, beaucoup nous jugent mais ne connaissent réellement pas le bloc. C'est dommage je trouve, si les gens comprenaient vraiment nous serions sans doute bien plus. Je suis prête à prendre des coups à la place des manifestants."


La plupart travaillent, ont des enfants et une vie. Cette façon de manifester est pour eux la même que celle des manifestants lambdas, leur tenue est une protection car ils ne souhaitent pas être reconnus pour diverses raisons.

Ils nous expliquent que dans le bloc certains ont des postes bien définis, très loin de l'image que donnent les médias mainstrean.


La confrontation a duré plus d'une heure trente environ avec canon à eau, lacrymos de la part des policiers et lancé de bouteille de verre, projectile et pierre de la part des manifestants. Les forces de l'ordre ont tiré plusieurs fois au LBD , un membre de la LDH toulousaine a d’ ailleurs été touché .







Une charge policière a eu lieu vers la fin, avec des arrestations. Le cortège s'est éparpillé en plusieurs petits groupes. Vers 18H30 il ne restait plus qu'une centaine de manifestants. La préfecture déplore plusieurs feux de poubelle, vitrines de banque cassées ainsi que des abris de bus. Il y a eu 19 interpellations, de nombreux blessés côté manifestants et trois côté forces de l'ordre.


La rédaction,

Infoline, média indépendant

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