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©2020 Infoline Toulouse.

Toulouse: 2 mois après sa blessure, sa plainte est transférée au magistrat, on revient sur son cas.


Le 16 novembre 2019 l’équipe d’Infoline, média indépendant était présente sur la manifestation des gilets jaunes pour la couvrir.

La journaliste fondatrice du média a reçu ce jour la pendant qu'elle prenait la photo d'un fumigène deux tirs ( LBD + Cougar) délibérés et visés sur la cuisse gauche par les forces de l'ordre.



Quelques secondes après le choc, elle est entrée en état de choc, comme elle le mentionnera plus tard aux médics, elle pensait avoir perdu sa jambe, son pouls (pris par un médecin médic sur place) était à 120, nous vous laissons imaginer.

Une plainte avec certificat du médecin légiste et deux vidéos avait alors été déposées à la gendarmerie de Rieumes, et un signalement à l'Igpn avait également été fait.

Sa blessure lui a valu 3 jours d’Itt mais une incapacité de travailler pendant trois semaines.

Outre le fait d'avoir eu mal, il y a aussi le contexte psychologique, en effet pendant plusieurs semaines, elle avait peur d'être encore une fois visée.








Avant le 16 novembre, elle avait déjà eu plusieurs altercations et parfois certaines auraient pu dégénérer, à chaque fois se sont des insultes ou des provocations de la part des forces de l'ordre mais aussi des tirs de grenades lacrymogènes vers elle alors qu'elle est seule et parfaitement identifiable.

La journaliste n'est pas là que depuis le mouvement gilets jaunes mais bien avant, ce qui veut dire que la police de Toulouse sait très bien qui elle est. Ce qui a changé c'est qu'avant il n'y avait aucun problème avec les forces de l'ordre bien au contraire c'était très cordial et dans un respect mutuel elle nous avouera "on pouvait parfaitement avoir un dialogue avec la police et même débattre de certain sujet sans soucis, aujourd'hui ce n'est plus le cas"


Il y a un mois de cela elle est arrivée pour couvrir la manifestation, elle avait en amont eu un petit contrôle non pas de carte d'identité mais encore une fois de carte de presse, comme si cette fameuse carte était le sésame ultime, hors la loi est claire, les journalistes n'ont aucune obligation de l'avoir, cependant dans ce type de manifestation si on veut filmer, photographier et surtout rester il vaut mieux l'avoir, elle est donc arrivée et s'est étonné ,encore une fois, que sur le barrage de police au niveau de la place Wilson sur une trentaine de policier seulement 2 avaient leur RIO, de ce fait elle en regarde un et lui dit " Vous n'avez pas votre RIO " le policier lui répond " ferme ta gueule connasse" notre présidente lui répond donc "Pardon? je vous ai pas manqué de respect" ce à quoi le policier lui répond" Si, t’as dit connard". Un autre journaliste indépendant à côté prend la défense de sa consœur "Monsieur je suis témoin, elle ne vous a pas insulté".

Le policier est parti se mettre derrière le barrage.

Ce genre de scène c'est souvent et avec d'autres journalistes et ou photographes.


Plusieurs fois, Nadège journaliste pour Infoline a essayé d'interpeller le préfet d’Occitanie pour avoir des explications et surtout des réponses face à cette violence, elle n'a jamais eu de rendez-vous ou autre.

Aujourd'hui sa blessure va mieux mais deux traces noires sont toujours visibles, elle a d'ailleurs appris ce jour le 15 janvier que son dossier avait été transmis au magistrat.


Qui est-elle comme journaliste ?


Nadège est une journaliste qui essaye de rester impartiale pour elle le métier de journaliste est avant tout de montré des faits dans l’intérêt du public même si cela ne plait pas à tout le monde et surtout montrer une réalité que les médias mainstream ne montre pas toujours, malheureusement plus elle est sur le terrain et plus cela est difficile de se taire face à des scènes graves, un jour elle s'est mise à hurler sur les "voltigeurs" ( brigade à moto ) : « s'ils n'avaient pas honte de gazer à bout portant deux enfant de 10 et 7 ans juste pour pouvoir interpeller une personne ».

Une autre fois elle n'a pas hésité à mettre son masque sur la tête d'une petite fille et de l’emmener elle et sa maman loin des gaz (la maman était à Primark, quand ça a commencé, Primark avait refusé que des gens rentrent, la maman était alors coincée avec son bébé dans sa poussette).

Est-elle dans ce cas journaliste militante, nous lui avons posé la questions sa réponse est non, pour elle certes elle a bien évidemment des convictions personnelles mais elle sait faire la différence, simplement elle est aussi une maman, elle ne peut rester insensible face à ce genre de répression. Elle ne s’est jamais par exemple interposée sur une interpellation.


Il est évident que Nadège n'est pas la seule journaliste à avoir des soucis sur le terrain, à Toulouse, tous les journalistes ont eu droit à leur lot d'embrouilles avec les forces de l'ordre. Certains ont été blessés physiquement, d'autres gardés à vue, d'autres ont été intimidés ou spoliés de leurs protections et parfois même voler leur trottinette et casser leur matériel.

La semaine dernière deux photographes Julien et Romain ont reçu des coups par les forces de l'ordre alors qu'ils n’étaient là que pour faire un reportage photo.

Et c'est ainsi à quasiment chaque manifestation.

Frédéric de Rt France lui aussi a reçu des violences de la part des forces de l'ordre alors qu'il a bien mentionner trois fois " presse, presse, presse".


Un autre reporter d'Infoline ,Charlie, alors qu'il était en direct sur le média s'est présenté à un policier agressif en disant "presse". La réponse du policier fût surprenante pour certains, habituelle pour les autre mais choquante pour tout le monde, " nique ta mère toi" voici la vidéo :




Lors d'un entretien avec Charlie, il nous a raconté toutes les mésaventures vécues sur le terrain dans le cadre de son travail pour infoline. Deux arrestations, une où il fût accompagné au poste pour ressortir quelques heures plus tard parce que Madame Picard était venue le chercher en démontrant, documents en main qu'il était bel et bien journaliste. Il se fit arrêter une autre fois avec une journaliste international alors qu'il couvrait une opération péage à Sesquières. Alors qu'il s'était identifié comme reporter, il se fit plaquer au sol, face contre terre, mains dans le dos, le genou d'un gendarme sur le cou, d'autres sur son dos. Les gendarmes l'embarquèrent alors vers un véhicule de gendarmerie, il eu droit à un contrôle d'identité, une confiscation de son matériel de protection (masque à gaz, lunettes de piscine, casquette de sûreté) mais aussi à pire : la destruction totale de son travail photographique. C'est à dire q'un gendarme à sciemment pris l'appareil photo d'un journaliste et en a supprimé le contenu.

Quand a la journaliste international Judith elle a été relâché au bout de quelques heures de Gardé à vue. C'était le 16 Novembre au matin. Il eut également droit à des menaces de la part des gendarmes "vaut mieux pas que l'on vous voit sur Toulouse cet aprem, un coup de matraque ou un tir raté c'est vite arrivé".


Charlie ne se doutait pas que quelques heures plus tard, il entendrait Nadège hurler à la mort après deux tirs policiers. "J'ai reçu deux grenades aux pieds et après j'ai entendu Nadège hurler, les street medics nous ont pris en charge, ma blessure était anecdotique comparée à celle de Nadège. à posteriori, en réfléchissant bien, je me demande s'ils visaient vraiment Nadège où s'ils me visaient moi, parce que ces tirs étaient forcément adressés à quelqu'un. Nadège et moi faisons la même taille, je suis juste un peu plus léger qu'elle mais niveau carrure on n'est pas très loin. Je ne sais pas. Ils avaient de bonnes-mauvaises raisons de nous viser l'un ou l'autre. Moi, parce qu'ils savent que j'ai été militant et que j'avais été prévenu le matin même, Nadège parce qu'elle ouvre sa gueule, qu'elle connait les lois et ses droits, qu'elle ne se laisse pas faire, qu'à chaque contrôle, elle met minable le flic qui essaye de la coincer sur la loi et forcement ça ne plait pas."


Sur Toulouse même les journalistes mainstream on le droit au violence, finalement on se rend vite compte que les journalistes qui n'ont subit aucune violence sont en réalité pas sur le terrain ou alors du cote des forces de l'ordre.

Ce qui est sur c'est que les images ou les vidéos de tout ces journalistes, reporters et photographes indépendants posent problème, à l’état mais surtout aux forces de l'ordre.

Si un d'eux ne connait pas suffisamment la loi, alors il est très facilement embarqué, on remarque aussi que les forces de l'ordre ne connaissent pas tout non plus sur le droit des journalistes et photographes.


Marie-Madeleine Audebert

Infoline, média indépendant






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