Répression de la mobilisation des universités.

Ce jeudi 13 février, les forces de l’ordre sont intervenues au centre Tolbiac de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en en bloquant les issues pour empêcher le départ d’une manifestation non-déclarée.



Un peu avant 14h, une dizaine de fourgons de CRS se sont stationnés à proximité du centre depuis lequel des étudiants mobilisés avaient appelé à manifester en passant par d’autres facs parisiennes avant de rejoindre le CROUS, pour protester contre le projet de réforme des universités (la loi de programmation pluriannuelle de la recherche) et la réforme des retraites.

Alors qu’une semaine auparavant, une intervention policière dans l’enceinte des bâtiments avait fait polémique, les forces de l’ordre se sont cette fois-ci posté au niveau des issues afin d’éviter la constitution d’un cortège, mais bloquant de cette manière la sortie du centre. Après plusieurs dizaines de minutes de flottement, la sortie du centre est redevenue possible, mais au compte-goutte par l’entrée secondaire. Après près de deux heures et la tenue d’une assemblée générale, un groupe d’étudiants s’est approché des forces de l’ordre pour faire une lecture collective de textes littéraires et philosophiques, avant de repartir dans le calme.





Une discussion entre les CRS postés à l’entrée :

- C’est pour aller à l’école ? Très bien, passez !

- Arrête, c’est pas l’école, c’est la fac…

- C’est juste l’école supérieure hein

- Tu dis n’importe quoi, c’est parce que t’y a jamais été…

- Parce que toi oui ?

- Ouais, quatre ans ici, à Tolbiac.

- Eh bah ça se voit… de toute façon moi j’ai une situation financière au moins, pas comme eux !

- C’est juste parce que t’as pas fait d’études que tu dis ça …



« Cela est en totale contradiction avec les valeurs fondamentales de l'institution universitaire »


L’administration de l’université, quant à elle, a réagi par mail le lendemain en précisant que « la présence de CRS autour du centre Pierre-Mendès-France hier est une décision prise par les autorités préfectorales sans concertation », le conseil académique de l’université affirmant « protester vivement » contre cette intervention, estimant que « cela est en totale contradiction avec les valeurs fondamentales de l'institution universitaire ».

Avec plusieurs actions prévues dans les semaines à venir, non seulement à Paris 1, mais aussi plus largement dans l’ensemble des universités françaises, que ce soit la participation aux journées de mobilisation interprofessionnelle, ou encore la journée « fac morte du 5 mars », la mobilisation des étudiants, des enseignants et des personnels va se faire de plus en plus intense, alors que se pose la question de la répression.


Au-delà de l’intervention des forces de l’ordre, plusieurs étudiants, vacataires, enseignants ou personnels ont reçu des menaces verbales de sanction dans la perspective des mouvements de grève ou de blocage. Ainsi, certains professeurs ont maintenu des partiels normalement annulés, des vacataires participant à des actions de rétention des notes ont été déclarés grévistes par l’administration qui les a alors privé de rémunération malgré le fait que leurs cours étaient maintenus et certains responsables administratifs ont menacé d’imposer un blâme aux fonctionnaires qui s’impliquent dans le mouvement de contestation. Le collectif « université ouverte » a ainsi mis en place un système de « veille de la répression » face à la multiplication des « témoignages inquiétants concernant des cas de répression et d’intimidation de participant·es au mouvement social ».

Alors que les interventions des forces de l’ordre dans des lycées pour assurer la tenue des E3C (nouvelles épreuves du bac) en délogeant les enseignants et élèves qui tentaient de les bloquer, de nombreuses universités appellent à soutenir le secondaire et à multiplier les actions de convergence.



Pour plus d’informations :

https://universiteouverte.org/

https://www.facebook.com/precairesesr/

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid39124/loi-de-programmation-pluriannuelle-de-la-recherche.html



Wladislas A.

Infoline Media Independant

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