Précarité chez les jeunes : portrait de Nicolas

Mis à jour : janv. 10



La clope au bec, mes lunettes qui me font des gros yeux et la musique dans les oreilles, je l'attends devant le métro Jean Jaurès. J'attends Nicolas, 20 ans. Il m'a contacté via FaceBook afin de témoigner de sa situation de jeune précaire.

Nous nous asseyons sur un banc, je prends mon carnet et mon stylo noir. Nous discutons, il parle, je note.


Nicolas vit seul dans un appart' classique. Atteint du syndrome d'Asperger, forme d'autisme développant certaines parties du cerveau au détriment d'autres. Du fait de ce syndrome, il perçoit l'Allocation Adulte Handicapé qui est d'environ 800 euros. Ses parents n'étant pas en mesure de s'occuper de lui pour des raisons qu'il ne souhaita pas me donner, Nicolas a donc été contraint d'aller en famille d'accueil puis a été aidé par l'association "Accueil Famille". Il a raté son BAC à plusieurs reprises en étant au CNED. Il persévère néanmoins . Il reste au CNED mais cela n'est pas simple. Le Centre National d'Education à Distance est un établissement public mais payant et Nico ne roule pas sur l'or. En effet, la première année on paye la classe entière mais au bout d'un certain nombre d' "échecs", on doit payer chacune des matières disponibles. Une matière coûtant 170 euros, il ne peut pas se permettre d'acheter la dizaine de matières obligatoires. J'en suis sûr, il passera son BAC, la conversation que nous eûmes a achevé de me convaincre de son intelligence et de ses capacités. De la culture ? Il en a à revendre, il passe ses journées à la bibliothèque. Il aime lire, il dévore les bouquins, qu'ils traitent de sciences politiques, de géopolitique, d'économie.


Être précaire :


Pourquoi diable Nicolas se considère-t-il comme précaire ? Il me donne sa définition de la précarité. "Lorsque l'argent est une préoccupation quotidienne, c'est devoir toujours avoir un oeil sur son compte en banque, c'est avoir sa calculatrice à chaque fois que l'on sort pour faire des dépenses parce qu'on sait que si l'on dépasse d'un euros, la banquier viendra nous coller des adgio".

Il confesse également avoir eu des problème d'ordre administratif qui l'ont contraint à vivre avec 200 euros/mois pendant de longs mois. "On m'a sucré les APL, j'étais tellement dans la galère que j'ai été obligé de demander du pognon à des potes ce qui n'est pas vraiment une manière de vivre, tu vois. J'étais dans l'angoisse du lendemain, l'angoisse de ne pas pouvoir manger à ma faim, j'ai d'ailleurs perdu pas mal de poids. Je ne peux pas mettre de sous de côté, je ne peux pas avoir un réelle vie sociale, je suis isolé en somme."


A qui la faute finalement ?


Finalement, qui est responsable de ça ? Il me répond du tac au tac que le système actuel est fait de telle manière à ce que les pauvres soient toujours plus pauvres et que les riches soient toujours plus riches. La précarité est nécessaire au système, la stratégie du susucre contre le bâton. Cela force les prolos à bosser même pour un salaire de misère. On nous fait perdre notre vie pour que nous tentions de la gagner quitte à sacrifier notre santé, notre vie sociale ou notre vie tout court, telle est la volonté de notre magnifique système capitaliste. Plus tu galères, plus on te fait galérer. "L'attribution de nos aides sociales est décidée par des gens qui ne nous connaissent pas, le soucis c'est le contact humain". "T'imagines ? On a besoin d'associations comme le Secours Populaire ou les restos du cœur ! Cela démontre que nous sommes gouvernés par des incapables qui sont infoutus de régler les problèmes, ils laissent les assos faire le boulot à leur place, c'est un scandale !"


Quelles sont les solutions face à la précarité?


Quelles sont les solutions pour vaincre la précarité ? Comment remédier à cela ? Nicolas nous explique avoir trouvé une forme de solidarité incroyable à tracers le mouvement des gilets jaunes.

Il nous dit qu'il faudra se battre pour défendre nos acquis sociaux et en obtenir de nouveaux pour que cesse la misère, pour que les politiques nous considèrent enfin comme des humains et que plus jamais nous ayons à assister à ce que nous avons eu l'occasion de voir devant le CROUS de Lyon. "Je comprends ce qu'a fait ce jeune, la pauvreté rend fou. "Alors je dis à tous ceux qui auront l'occasion de me lire :



BATTEZ-VOUS !!!


Charlie Garcia,

Infoline, média indépendant

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