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©2020 Infoline Toulouse.

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris.

Le 24 janvier à Paris, la mobilisation contre la réforme des retraites a rassemblé des dizaines de milliers de manifestants (31000 d’après la préfecture contre 350000 d’après la CGT) dans une ambiance très calme au cœur d'un dispositif policier considérable.


Des manifestants reprenant "Bella ciao", déguisés en protagonistes de "La Casa de papel", quais des tuileries à Paris, le 24 janvier 2020 .


De la place de la République à la place de la Concorde, on pouvait croiser dans le cortège des universitaires, des lycéens, des cheminots ou encore des journalistes. Cependant, la marche a été marquée par un dispositif policier conséquent puisque les forces de l’ordre ont entouré non seulement la tête de cortège mais plus largement l’ensemble de la manifestation. Postés à chaque intersection et de manière régulière sur les trottoirs, les FDO ont imposé un rythme de marche soutenu jusqu’aux abords du Louvre lorsque la tête de cortège a décidé de s’arrêter pour protester contre ce rythme forcé et attendre le reste de la manifestation.


Les "0,1%" en référence à des propos de J.-M. Blanquer, ministre de l'éducation, affirmant que " On peut aimer son métier et ne pas perturber les choses, et là 99,9% des enseignants sont d'accord avec ce que je suis en train de dire, c'est-à-dire ce qui compte d'abord et avant tout c'est l'intérêt des élèves. ", Paris, 24 janvier 2020.



Arrivés place de la Concorde, c’est un véritable mur qui se dressait pour scinder la place en deux et empêcher les manifestants de déborder au-delà du périmètre imposé. Après plusieurs heures de marche, le cortège s’est dispersé lentement dans le calme vers l’église de la Madeleine.


Un étudiant interrogé sur sa présence à cette manifestation répond en disant qu’il "[se] demande s’il est utile de manifester entre deux cordons des forces de l’ordre pour finalement rentrer chez [lui]",ressentant une certaine frustration. En sortant de la place, il a fallu marcher jusqu’à la gare Saint Lazare pour trouver une issue au dispositif policier qui bloquait toutes les rues du quartier.


Ambiance festive au milieu du cortège, Paris, 24 janvier 2020.


La place de la Concordre cernée par les forces de l'ordre, Paris, 24 janvier 2020.


Pourtant, vers 16h, les manifestants ont commencé à se rassembler près de l’église Saint-Augustin pour tenter de partir en manifestation sauvage. Plusieurs petits cortèges de quelques centaines de personnes se sont formés et ont bloqué les rues autour de Saint-Lazare. Très rapidement, la BRAV-M, les CRS et la BAC sont intervenus et ont dispersé les manifestants en mettant en place des barrages filtrants, puis en les poussant vers la station de métro et la gare.


Une femme se réclamant des gilets-jaunes déplore alors le dispositif disproportionné « je suis là tous les samedis et aux manifestations contre la réforme, mais là c’est du jamais vu, ils sont partout ». Malgré quelques heurts liés à des problèmes de communication entre BRAV et CRS, les derniers manifestants sont partis sans plus de problèmes.



Les forces de l'ordre intervenant rue Saint-Lazare pour mettre fin à une manifestation sauvage, Paris, 24 janvier 2020.

« Il ne s’est rien passé, rien. »


Cette manifestation a donc été caractérisée par une ambiance oppressante tant régnait le calme, c'est en ce sens qu'un manifestant commente : « il ne s’est rien passé, rien ». Alors que les syndicats de la RATP ont suspendu leur grève après avoir paralysé le réseau de transports en commun de la capitale, la mobilisation s’est trouvée soumise, ce vendredi, aux mesures prises par la préfecture. La manifestation, même si elle a su rassembler un grand nombre de personne a révélé l’efficacité des forces de l’ordre pour contenir le cortège, dans ce qui s’apparente à une « nasse » mobile alors que depuis plusieurs semaines on dénombre de nombreux appels à renouveler les modes d’action en privilégiant les rassemblements non déclarés, les manifestations sauvages ou les autres formes de démonstration.



Manifestation "Retraite aux flambeaux", Paris, 23 janvier 2020.


C’est ainsi que la veille, jeudi 23 janvier, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées place de la Nation pour une « retraite aux flambeaux », progressant dans la capitale avec des torches pour protester contre la réforme des retraites. Mais ici encore, les forces de l’ordre ont encerclé la manifestation du début à la fin, sans qu’on recense d’incident. La stratégie récemment mise en place par la préfecture et consistant à mobiliser les policiers et gendarmes autour du cortège plutôt qu’aux intersections semble être efficace pour anéantir toute possibilité de débordement et cela sans susciter trop d’indignation chez les manifestants ou les syndicats.


L’avenir des mobilisations citoyenne va-t-il consister à accepter de défiler au beau milieu des forces de l’ordre lors des rassemblements massifs ou bien va-t-on voir se développer de nouveaux modes d’action ? On peut en tout cas dire avec certitude que la mobilisation contre la réforme des retraites va être déterminante dans ce cadre.



Manifestation "Retraite aux flambeaux", Paris, 23 janvier 2020.


Manifestation "Retraite aux flambeaux", Paris, 23 janvier 2020.


Manifestation "Retraite aux flambeaux", Paris, 23 janvier 2020.


Wladislas AULNER

(article et photos)



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