Lille: Non, il n'y a eu aucun décès à cause des lacrymos



Il y a quelques semaines à Lille le 12 janvier, Euch Ben expliquait sur Facebook qu'il s'est mis à cracher du sang après s’être rendu à la manifestation du 11 janvier à Lille et où des gaz lacrymogènes ont été lancés.

Il est vrai qu'on pourrait en faire un cause à effet, puisqu'on ne sait pas vraiment les effets des lacrymos sur du long terme lorsque nous y sommes exposés longtemps.

Plusieurs groupes de gilets jaunes avaient alors partagé son histoire pour faire de la prévention sur les risques.

Ben avait d'ailleurs écrit suite à cela faire un petit break des manifestations.

@Facebook Ben

Une infection à l'origine


Le 31 janvier sur le Facebook de Ben sa famille postait un message:


"Bonjour, message de la famille de Ben : suite à une infection pulmonaire grave, Benjamin a eu des complications et il est actuellement dans le coma, au CHU de Lille, en réanimation, Pour les proches qui souhaitent des nouvelles ou éventuellement aller le voir, contacter sa mère: cloresist@yahoo.fr ou sur sa page facebook Claudine Bultel "


Pour beaucoup de ses amis c’était sûr que cela provenait des lacrymos, le message a été relayé puis transformé de façon à ne plus montrer le message d'origine .

Il est évident que cela n'a pas été fait dans le but de créer une peur mais plus pour prévenir des risques, malheureusement tout ne s'est pas passé comme prévu et tout a dérapé.


Le 5 février sa maman Claudine postait que Ben serai débranché pour lui permettre de partir sans souffrir et plus paisiblement. Ben était dans le coma sans activité cérébrale, pour les médecins il n'y avait aucun espoir.

Là encore beaucoup pensaient que c’était à cause des lacrymos, certains souhaitant la rébellion pour "venger" la mort de leur copain.

Le problème, c'est que la maman de Ben a reçu des milliers et des milliers de messages de militants et de journalistes pour s'emparer de cette histoire, en effet un décès à cause des gaz lacrymos remettrait en cause leur utilisation et donc créerait une polémique.


Mais imaginez vous une seule seconde vous venez de perdre votre enfant et vous êtes submergé de messages chaque jour il n'y a là aucun respect, ni de morale.

La maman en deuil a donc posté ce message ce matin sur Facebook pour arrêter la polémique avec les gaz lacrymos:


"NON . BEN N EST PAS MORT A CAUSE DES GAZ LACRYMOGENES. Depuis hier soir, je reçois des messages de militants ou de journalistes qui veulent que je cautionne cette info. Que ce soit clair, Ben a eu une infection pulmonaire sévère qui avait commencé, voici ,certainement plusieurs mois, et qui s' est compliquée. En janvier, il est allé à une manifestation à Lille et, bien sûr, avec sa bronchite, ça n a pas aidé de se prendre des lacrymos. Moi, aussi, dans un premier temps, j ai cru qu'il il crachait du sang à cause de ça. Mais, c est faux. L' affaire est close. Sa maman "


Avec ce message on aurait pu penser que la maman serait tranquille pour son deuil, et bien non. Dans les commentaires certains supposent un complot, voire même des menaces envers la maman pour étouffer l'affaire.

La parano prend le dessus, et fait bien plus de mal à la maman. Il faut se rendre à l évidence Ben était malade depuis longtemps comme l'indique sa maman Claudine, il n'y a donc rien à chercher, ni même à expliquer.

Ce ne sont pas les lacrymos qui ont causé le décès, la police n'a pas menacé la maman.


Le décès de Ben sauvera deux personnes.


La maman de Ben a fait don des reins à deux familles, deux personnes malades vont pouvoir bénéficier grâce à ce geste d'une greffe et être sauvées. Pour la maman la sortie de scène de Ben est glorieuse tout à son image.

Mais comme elle le mentionne au sujet du don " Tout à leur bonheur, elles ne mesureront pas le poids de larmes que pèsent ces morceaux de toi" Une tristesse que seules les mamans peuvent comprendre.

Laissons donc cette maman faire son deuil comme il se doit, arrêtons de la harceler de messages.


Article écrit sans être passés par la maman par respect, nous l'avons fait avec les éléments que nous avions.

Nadege Picard

Infoline, média indépendant




493 vues
Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram

©2020 Infoline Toulouse.