L'étrangleur de Nantes fake ou réalité ?


Credit photo @Bsaz (liens dans le texte)

Depuis samedi dernier, une photo tourne beaucoup, on y voit un policier étrangler une personne âgée au sol. Plusieurs personnes ont crié au fake en disant que cette photo avait été prise à Moscou parce que l'uniforme du policier est informel mais selon nos sources et selon Libération, les différentes photos que nous avons réussi à nous procurer, cette scène pourtant surréaliste s'est effectivement déroulée à Nantes lors de la manifestation en hommage à Steve et contre les violences policières.

«Il n’avait rien fait»


Contacté par CheckNews de libé, le street-reporter raconte : «Nous étions en fin d’après-midi, il devait être 16h30 ou 17 heures, et nous étions en plein centre-ville, entre la croisée des tramways et la rue de la paix. C’était très tendu, une personne derrière moi était en train d’être prise en charge par des pompiers suite à un tir de LBD.»


Toujours selon lui, «la personne au sol sur la photo s’est avancée vers la BAC pour leur dire qu’un homme était à terre, juste un peu plus loin, pour leur demander de se calmer. C’est là que l’agent de la BAC lui saute dessus et le met au sol».

Il assure : «Il n’avait rien fait avant. Il était juste allé leur dire qu’il y avait quelqu’un au sol, non loin de là, sous une couverture de survie.»


La photographe BSAZ donne des nouvelles .


La photographe qui a pris les clichés sur Nantes dont celui de "l’étrangleur", a donnée des nouvelles de la victime sur son facebook

Elle mentionne "ce monsieur va mieux. Il a été hospitalisé pendant 6h puis placé en garde à vue. Il est sorti et prépare sa défense. Tout mon soutien."

Elle explique aussi sa philosophie de son travail et passion, en effet photographe indépendant n'est pas si simple que l'on pourrait croire.

Elle rappelle vivement "Je ne fais pas de faux cliché, de montage...c'est pas ma façon de travailler. Je ne suis pas la pour faire du fric non plus (ouvrez les yeux, la plupart des photographes indépendants ont de faibles revenus par leurs ventes)".

Elle poursuit par la suite, un passage émouvant "Je rappelle juste que mes yeux dévisagent, scrutent pour chercher les regards, les expressions. Mon travail photographique n'est pas celui d'un photographe de presse traditionnel, je recherche autre chose, j'ai une démarche artistique notamment par le travail en noir et blanc quand l'image s'y prête".

Vous pouvez retrouver son travail ici https://www.facebook.com/Bsaz.photographie/


Une arrestation d'une violence inouie .


Nous nous sommes procurés plusieurs clichés de son arrestation, certaines sont choquantes, nous pourrions comparer celle-ci à une photo de terroristes s'apprêtant à égorger leur proie.

On y voit l'homme suffocant, le regard vide. Dans quel pays sommes nous pour assister à de telles scènes ?

Sur une autre, il est traîné torse nu, sur le bitume par les forces de l'ordre sur le bitume, selon des témoins et lui même (il l'a avoué lors de sa garde à vue), son arrestation serait dû à un jet de projectile, mais est ce que cela vaut toute cette violence ?



Credit photo @inconnue


Credit photo @google

Credit photo @Bsaz (Liens de sa page dans l'article)

Bruno Kaïk, 51 ans, a été hospitalisé plusieurs heures samedi après cette violente interpellation pour le jet d'une bouteille sur les forces de l'ordre. La police affirme qu'il était incommodé par les gaz lacrymogènes. Lui dit avoir été étranglé par un policier de la BAC.

Contacté lundi par CheckNews, le Service d’information et de communication de la police (Sicop) avait justifié cette interpellation violente en disant : «Il avait jeté une bouteille en verre contre un policier.»

Un acte que Bruno Kaïk reconnaît. Mais il précise : «J’ai jeté cette bouteille en verre vide, alors que j’étais à une trentaine de mètres des policiers, dans leur direction. Effectivement, elle a éclaté devant les policiers, à quelques mètres d’eux, mais c’était plus symbolique qu’autre chose. Il n’y avait aucune intention de blesser. Dans tous les cas, leur réaction a été complètement disproportionnée.»


A-t-il porté des coups au visage du policier, comme l’affirme également le Sicop ? «Dans la folie de l’instant, c’est difficile à dire. Mais je ne crois pas.»


«Violemment strangulé»

C’est sur la nature de l’interpellation et les conséquences de celle-ci que les versions divergent. Le Sicop a affirmé lundi à CheckNews que l’homme avait été transféré à l’hôpital après son interpellation «parce qu’il était incommodé par les gaz lacrymogènes». Faux, répond Bruno Kaïk, qui assure que sa prise en charge était due à la violence des policiers de la BAC, et affirme avoir subie des violences après la scène filmée : «A l’abri des camions, où j’ai été traîné ensuite, j’ai reçu d’autres coups. J’ai été violemment strangulé jusqu’à l’étouffement par un membre de la BAC. Avant de m’évanouir et de rester inconscient pendant plusieurs minutes.»

Le rapport d’observation médicale, remis au patient par le CHU de Nantes, que CheckNews a pu constater, mentionne en effet que l’homme a été retrouvé «inconscient sur la voie publique» et «amené par les pompiers en urgence». Le rapport mentionne également l’absence de «prise de toxiques», qui auraient pu être à l’origine d’une perte de conscience. Alors que l’AFP, citant le Sicop, affirme que son certificat médical «mentionne 0 jour d’ITT», le manifestant répond : «Je ne suis pas salarié, je n’ai donc pas demandé d’arrêt de travail.»

Sur plusieurs vidéos, publiées sur les réseaux sociaux après la photo, et qui sont devenues à leur tour virales, on voit Bruno Kaïk au sol, aux pieds de l’agent de la BAC l’ayant interpellé, entre deux fourgons de police. Alors qu’un des agents essaie de cacher la scène avec un chariot de supermarché, l’homme semble au bord de perdre connaissance et des témoins demandent aux policiers d’appeler les secours.


Plainte en vue

Selon Bruno, ce ne sont pas les gaz lacrymogènes qui l'on conduit à perdre connaissance puis à être hospitalisé, contrairement à ce qu’affirme la police : «Ce qui a conduit à mon inconscience, ce sont bel et bien les maltraitances policières», affirme-t-il.

Il compte évidemment porter plainte contre «toute la chaîne de commandement, de l’officier de la BAC jusqu’au président de la République, qui est le chef des armées et a autorisé ces dérives». «Je me présenterai devant eux avec toutes les pièces en main, avec mon avocat, pour porter l’affaire devant les tribunaux avant que tous ces gens qui violentent le peuple assument leur responsabilité.»

Que faisait-il à Nantes ce jour-là, lui qui vit à La Rochelle ? «J’accompagnais mon fils qui avait un rendez-vous dans la région. On en a profité pour aller manger une crêpe à Pornic. On a commencé à parler de Steve, dont le corps venait d’être retrouvé. Il m’a dit qu’il y avait une marche blanche en sa mémoire. Je lui ai répondu qu’il fallait y aller, que ça nous permettra de faire partie des voix qui s’élèvent. En arrivant, on s’est aperçus que ce n’était pas une marche blanche, mais noire. Et là, tout s’est enchaîné», raconte celui qui assure que c’était sa première manifestation depuis le début des gilets jaunes, mouvement qu’il suit avec intérêt, mais «de loin».

L’homme, qui se définit comme «fervent adepte de la non-technologie» et n’a donc rien vu de l’emballement autour de sa photo sur les réseaux sociaux, conclut, alors qu’il prépare activement sa défense : «Je suis en train de devenir une figure de la contestation, mais ce n’était pas du tout l’objectif.»


Charlie.G Nadège.P (infoline)

Robin Andraca (checknews)

source : Twitter, Facebook, Libération/checknews

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