• Victor Lannurien

Covid-19 : un bâtiment du marché de Rungis se mue en morgue


Un des entrepôts du marché de Rungis en région parisienne va être transformé en morgue dans les prochains jours. Photo:Myrabella / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Afin de faire face à l’afflux de décès liés au coronavirus -survenus et à venir-, la préfecture de police de Paris a réquisitionné un bâtiment du marché de Rungis pour l’aménager en morgue.

Avec 1406 personnes déjà décédées dans les hôpitaux d’Île-de-France, dont 258 dans les dernières 24 heures selon les derniers chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS), « l’Île-de-France est désormais la région la plus touchée par l’épidémie de coronavirus », annonce, ce jeudi dans un communiqué, la préfecture de police de Paris. Sans compter les morts hors milieux hospitaliers qui pourraient gonfler ces résultats morbides, lorsqu'ils seront comptabilisés. Ainsi, alors que « les effets de cette épidémie se font déjà ressentir sur toute la chaîne funéraire », la préfet a annoncé, qu’un des bâtiments du Marché d'Intérêt National (MIN) de Rungis allait être transformé en morgue.


L'ensemble de la chaîne funéraire en tension

Dans l’attente du « pic » de la pandémie qui n’a pas encore été atteint, les hôpitaux de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges avaient pris les devants en installant, la semaine dernière dans leur enceinte, des conteneurs réfrigérés pour servir de morgues mobiles. Mais face à la crise sanitaire en cours et à la saturation des services funéraires de la région, la préfecture a elle aussi décidé d’agir, tout en assurant avoir « anticipé ce phénomène ».

L’information a d’abord été évoquée par Mediapart, qui laissait entendre, mercredi, que la réquisition de la patinoire de l’AccorHotels Arena avait été envisagée. L’information concernant le MIN a finalement été confirmée, ce jeudi, par le communiqué de la préfecture. « Face à la tension qui persiste sur l’ensemble de la chaîne funéraire, et qui devrait durer pendant plusieurs semaines » le préfet « a décidé d’ouvrir un lieu d’accueil de grande capacité ».


Une capacité de 1000 cercueils

Dès vendredi, le bâtiment sera en mesure d’accueillir les premiers cercueils qui seront conservés « dans les conditions les plus dignes et acceptables du point de vue sanitaire, […] dans l’attente de leur inhumation ou crémation, en France ou à l’étranger », détaille le communiqué. Lors de la canicule de 2003, pour faire face à l’afflux de morts (15000 au total), un bâtiment du MIN de 4000m² réfrigéré à 5°C pour une capacité de 700 cercueils avait déjà été réquisitionné dans le même but. La préfecture évoque cette fois-ci une capacité d’accueil de 800 à 1000 cercueils, dont l’aménagement a déjà débuté ce jeudi.

Dans son communiqué, la préfecture se veut rassurante et affirme que le bâtiment en question sera « situé dans un hall excentré et isolé des autres pavillons du marché ». Enfin, comme ce fût le cas en 2003, le lieu sera géré « par un opérateur funéraire disposant de toute l’expertise et de l’expérience requises pour accompagner les familles ». Des familles qui auront accès au site, dès lundi, « selon des modalités qui leur seront précisées individuellement », assure la préfecture.

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