Coronavirus : les marchés financiers prennent peur face aux mesures du gouvernement italien.

Le lundi 24 février, à l’ouverture des marchés financiers après un week-end marqué par les décisions de mise en quarantaine de certaines villes en Italie, les bourses mondiale réagissent très négativement à la propagation du coronavirus 2019-nCOV.

Les mesures du gouvernement italien inquiètent.



Evolution du CAC40 sur 5 jours à la fermeture lundi 24 février 2020. Source : Google.


Cette réaction des marchés fait suite aux mesures de confinement prises par le gouvernement italien qui a décidé d’isoler deux secteurs considérés comme des foyers de l’épidémie, l’un autour de Codogno en Lombardie et l’autre à Vo’Euganeo, près de Padoue. Onze villes ont ainsi été placées en quarantaine, tous les lieux publics (écoles, mairies, bars, restaurants), sauf les pharmacies ont été fermés dès vendredi.


Un policier italien a annoncé à l’AFP qu’un blocus total sera mis en place de manière à ce que « les gens que s’ils entrent, ils ne pourront plus sortir et inversement ». Alors que le nombre de demandes exceptionnelles de sortie se multiplient auprès des carabiniers, l’exécutif italien a promis une amende de 600 euros et même une peine de prison pour les personnes tentant de franchir les barrages. Giuseppe Conte, premier ministre italien, a confirmé cette décision en disant que «Dans les zones considérées comme des foyers, ni l'entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière».


Ces mesures font suite à la soudaine multiplication des cas de contamination sur le territoire italien, passant de 6 à 152 personnes contaminées, dont 5 sont décédées. Selon la RTBF, un porte parole de l’OMS aurait reconnu que "la hausse rapide des cas enregistrés en Italie depuis deux jours est inquiétante" et que "Ce qui nous inquiète aussi c’est qu’on n’a pas pu identifier dans tous les cas des liens épidémiologiques clairs comme des voyages en Chine ou des contacts avec un cas confirmé".


Les marchés financiers chutent en réaction à la situation.


Après une chute de près de près de 1000 points à la réouverture en début de matinée, le marché italien se ferme ce lundi en baisse de 5,43 % avec une perte sur une journée de 1345 points, tandis qu’en France on enregistre une perte de 237 points, correspondant à une baisse de 3,94 %. Les indices français et italiens atteignent ainsi des niveaux comparables à ceux du 31 janvier, au début de la crise du coronavirus, alors qu’ils étaient au plus haut depuis un an.


Evolution du FTSBE (indice du marché financier italien) sur 5 jours à la fermeture lundi 24 février 2020. Source : Google.


De manière comparable, le Dow Jones, indice boursier de l’industrie aux Etats-Unis, enregistre une évolution similaire avec un recul de 500 points à l’ouverture ce lundi matin.

Si la réaction des marchés est immédiate, elle reste pour l’instant mesurée.Les marchés pétroliers réagissent aussi avec une baisse de 4,12 % de la valeur du baril Brent de la mer du nord en livraison pour avril de 3,93 % pour le baril américain sur la même période.


L’indicateur de volatilité du marché américain, censé jauger la crainte du marché, laisse néanmoins présumer que l’impact ne s’arrêtera pas à la baisse de ce lundi puisque le S&P 500 VIX est en hausse de 46,4, % à 12h50 (heure des Etats-Unis) après s’être ouvert sur un bond de +6 points. Pas de quoi rassurer à la mi-journée à Wall Street.


Evolution du Dow Jones (indice du marché financier américain) sur 5 jours à la fermeture lundi 24 février 2020. Source : Google.



L’OMS met en garde.


L’OMS (organisation mondiale de la santé), a annoncé en fin de journée que le monde devait se préparer à une pandémie de coronavirus, malgré le fait que le nombre de nouveaux cas ait reculé à 409, contre 648 dimanche. Alors que jusqu’ici l’OMS excluait l’emploi du terme « pandémie », l’augmentation du nombre de cas en Asie et en Europe a fait changer d’avis l’institution.


L’ouverture des marchés européens mardi matin va donc être décisive, puisqu’on pourra alors mesurer l’impact de cette annonce sur leur évolution. Si l’on peut craindre qu’ils continuent à baisser.



Wladislas A.

Infoline Media Independant

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