Acte 57 : Père Noël, offre-nous une retraite !


La manifestation hebdomadaire des Gilets Jaunes avait pourtant bien commencé, ce samedi, avec quelques centaines de personnes rassemblées sur la Place Jean-Jaurès à partir de 14h, comme d’habitude, encadrée d’un très impressionnant dispositif policier qui quadrillait l’ensemble des sorties du boulevard et de la Place Wilson.


« Là ils sont contents, ils maitrisent »

C’est pourtant vers le Monoprix de la rue Alsace Lorraine que les choses ont dérapé, à 15h45, alors que les manifestants qui avaient réussi à passer en centre-ville stagnaient dans une ambiance joyeuse et bonne enfant. « Quand les syndicats organisent une manif, les flics s’en foutent ! Mais quand c’est les Gilets Jaunes… » confie un participant, sans masque à gaz ni lunettes de protection, sans même ce fameux Gilet. « C’est devenu une cible » assure-t-on, « Plus personne ne le porte ! » Effectivement, rares sont ceux qui se baladent en chasuble fluorescent.


« On se disperse, on se regroupe. Ça les fait chier ! »

Mais c’est sur la place St Georges, alors occupée par l’association « Vivre Noël Autrement », que l’ambiance s’est peu à peu détendue, malgré quelques tensions vites évacuées. Chants de Noël, crèche et animaux de la ferme, distribution gratuite de nourriture et de boissons préparées par des bénévoles, les manifestants se sentirent alors en sécurité, les forces de l’ordre n’osant pas intervenir dans ce contexte, et la situation fut propice au dialogue. Les participants aux deux rassemblements ont pu échanger leurs point de vue, et sont plutôt d’accord sur le fond, pas tellement sur la forme.




« Qu’on nous laisse promouvoir notre message, on est avec vous ! » , déclarera un membre de l’association, « Mais il faudrait qu’ils [les manifestants] respectent notre évènement ». Ce fut globalement le cas, jusqu'à ce que le groupe ne change de place et se retrouve nez à nez avec une masse de CRS prête à dégoupiller.


« Un havre de paix »

Retour sur la place St Georges, seul endroit où "Jésus veille", rira l'un des organisateurs, avant de devoir remballer le matériel. Car l'association avait prévu de terminer ses festivités bien plus tard, une heure et demi après. La faute à qui? Aux Gilets Jaunes sans gilet ? Qui ne pouvaient que se réunir à cet endroit précis du centre-ville, la manifestation non déclarée étant réprimandée à chaque coin de rue? La faute à la mairie, qui sait d'avance l'organisation d'une manifestation et ne s'adapte qu'en réprimant celle-ci au détriment des droits fondamentaux ?


"C'est inadmissible" finira de déclarer une militante pacifiste, éloignée du gaz de fumée qui embrouait le carrefour d'Esquirol. Il aura fallu attendre 17h pour que les échauffourées reprennent le dessus, quand les manifestants sont retournés dans la rue commerçante. Gaz lacrymogène, charge de ligne de CRS, le groupe s’est ensuite dispersé dans les ruelles piétonnes. Selon nos informations, à l’heure où nous écrivons ces lignes, 4 personnes ont été interpellées, dont une journaliste anglo-saxonne, relachée après un contrôle musclé.




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