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©2020 Infoline Toulouse.

Acte 45, une mobilisation en hausse à Toulouse

Mis à jour : 23 sept 2019



Ce 21 Septembre se déroulait la 45ième manifestation des gilets jaunes. Je parlerai dans cette article de celle de Toulouse.


C'est, comme à l'accoutumée, à 14h que la manifestation commença. Les gilets jaunes partent de Jean Jaurès en se dirigeant vers la place du Capitole ne faisant pas l'objet d'un arrêté préfectoral ce-jour. Les slogans habituels sont scandés, les manifestants chantent, rient jusqu'à la Rue de Metz.

Je ne donnerai pas de chiffres mais je peux vous dire que la foule me semblait beaucoup plus grande que d'habitude. En avançant vers la rue de Metz, altercation avec des gendarmes mobiles et des manifestants, grenades lacrymogènes et aérosol lacrymogènes étaient au rendez-vous. Une interpellation pour, semble-t-il violence sur personne.s dépositaire.s de l'autorité publique (gendarmes mobiles) nous n'en savons pas plus pour le moment.

Après cette altercation, les manifestants ont repris leur route vers François Verdier.

Vers 16h/16h30 un ordre de dispersion est donné, les grenades lacrymogènes sont lancées et le jeu du chat et de la souris commence. Les manifestants s'éparpillent en plusieurs petits groupes, courent de partout pour échapper aux BAC et aux CRS. Certains manifestants se font nasser, d'autres ont nassés des fonctionnaires de police.

La manif se termine aux alentours de 18h mais certains manifestants, les vieux de la vielles, décident de faire une petite nocturne au Capitole à 19h30. Ils y mettent de la musique, chantent, dialoguent, dansent... breff, ils ne font de mal à personne.

Une dizaine/vingtaine de minutes après, des policiers arrivent pour intimider ces irréductibles. Un couple se fait arrêter pour outrage et rébellion. La jeune femme défendait son compagnon et son compagnon faisait de même.

Je décide de prendre des photos de cette arrestation plutôt musclée, les manifestants protestent et un policier décide de faire usage de son aérosol lacrymogène sur ces derniers, j'en ai pris en pleine tête également. Un jeune homme se fait violemment repousser par un policier (il tombe au sol d'ailleurs). Il a eu pour réaction de leur envoyer des bisous... constituant à priori un outrage puisqu'il s'est fait mettre au sol puis menotté et embarqué au commissariat central de Toulouse.

Après ça je décide de partir lorsqu'une jeune femme me demande si je parle anglais, je lui réponds que oui, elle me dit être syrienne et me confesse que ce qu'il se passe en Syrie s'est déclenché comme ça. Elle m'avoue qu'elle n'aurait jamais pensé voir cela en France.

Après cette courte mais néanmoins intéressante conversation, je décide de prendre quelques photos et de discuter avec une collègue journaliste hollandaise qui couvre toutes les manifestations de gilets jaunes à Toulouse.

Nous décidons de partir quelques minutes après. Jusqu'au moment fatidique où... un policier, apparemment commissaire décide de me faire subir un contrôle d'identité. Je lui montre alors ma carte professionnelle sur laquelle figure mon nom d'auteur et mon identifiant presse mais cela ne lui suffit pas, il décide donc de m'emmener au commissariat central pour faire plus de vérifications.

Qu'elle ne fût pas ma surprise lorsqu'avant de monter dans le véhicule de police je croisa deux confrères photographes menottés... ils furent emmenés au commissariat central avant moi.

Un policier me demande de lui montrer ma carte professionnelle, je m’exécute et celui-ci me dit que "c'est du pipo" et que s"si j'ai vraiment des couilles, je devrais aller en Afghanistan". Finalement, le couple arrêté se retrouvent dans le même véhicule que moi. La jeune fille continuant de résister se fait mettre au sol dans la voiture... comme si les policiers l'avaient pris pour un tapis... son compagnon, agacé par la scène, se débat et proteste, un policier le saisi par la gorge pour le maîtriser.

Arrivés au commissariat, je retrouve mes deux collègues photographes, le garçon arrêté pour outrage (un bisou étant un outrage apparemment...) et les deux amoureux révoltés. Je reste pendant de très longues minutes debout sans boire ni manger... un de mes collègues me dit s'être fait casser un objectif à 600euros par un coup de bouclier.

Les policiers prennent un bon moment avant de me prendre en charge. Quand vint mon tour, les policiers me demandent mon adresse, numéro de téléphone etc... je leur réponds donc. Ils se permettent de me dire que ma carte professionnelle est une fausse étant donné qu'il y a mon nom de plume écrit dessus et par conséquent décident de la saisir pour "éventuellement m'attaquer pour faux et usage de faux" je leur dis que j'ai le droit d'avoir mon nom de plume écrit dessus... une policière me dit, je cite "vous pinaillez, vous devriez faire avocat". Je finis par être relâché grâce à Madame Picard, la présidente d'Infoline qui est venue me récupérer en présentant les documents attestant de mon statut de journaliste, les documents de l'association de média ainsi que sa carte d’identité et de sa carte presse que l'officier à valider. Je sors enfin en 3 minute...

Cette arrestation témoigne de l'acharnement à mon égard. Ces petits personnages ne me font pas peur et je continuerai à couvrir les manifestations de gilets jaunes quitte à finir en garde à vue chaque week end.

Cette article ressemble plutôt à une chronique dans laquelle je donne mon avis, définissez-le comme vous le voulez.


Charlie Garcia, Journaliste n'en déplaise à certains, insoumis aux intimidations.

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