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                               Marie Colvin, journaliste

 

En 2001, victime d’un éclat de grenade, Marie Colvin perd son œil gauche lors d’un reportage au Sri Lanka. Depuis ce jour, elle portait souvent un cache-œil noir. En 2011 elle couvre les révolutions tunisienne, égyptienne et libyenne notamment pour l’émission Anderson Cooper 360° de CNN. 

Entrée clandestinement en Syrie Marie Colvin y est la correspondante de la révolution syrienne pour le journal britannique Sunday Times. Elle y est tuée le 22 février 2012 à l’âge de 56 ans. Sa mort survient lors du bombardement, par les forces armées syriennes, d’une maison transformée en centre de presse dans le quartier rebelle de Baba Amr où elle se trouvait. Le photojournaliste français Rémi Ochlik, 28 ans, de l’agence IP3 Press, est tué lors de la même attaque. Trois autres journalistes, Édith Bouvier du Figaro, William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time Magazine et Paul Conroy, photojournaliste indépendant, ont été blessés au cours de cette attaque. Rémi Ochlik et Marie Colvin se trouvaient aux côtés du photographe Lucas Dolega lorsque ce dernier a été tué par la police en janvier 2011 à Tunis. En 2016, la famille de Marie Colvin porte plainte à Washington et affirme que la journaliste a été visée volontairement par l'armée syrienne, dans le but de l'empêcher de couvrir les atrocités commises par le régime ; elle accuse notamment le général Issam Zahreddine. Cette version est étayée par le témoignage d'un ancien officier des renseignements syriens. Les proches de Rémi Ochlik, les journalistes rescapés de l'attaque et la Ligue des Droits de l'Homme accusent également le régime syrien d'avoir commandité l'attaque contre le centre de presse afin d'empêcher les journalistes de témoigner de la reprise sanglante de Homs par Damas et dissuader les médias internationaux de couvrir le conflit. En 2019, un tribunal américain condamne la Syrie à verser plus de 300 millions de dollars aux proches de la journaliste, jugeant le régime de Damas coupable d'une attaque «intolérable» contre les médias.